Achalasie — wikipédia ag gaston birmingham

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Le taux d’incidence est de 0,5 à 1 cas pour 100 000 habitants par an, à peu près comparable selon les pays [2 ]. La prévalence est de 1 pour 10 000. Au Royaume-Uni, environ 6 500 personnes en sont atteintes [3 ]. L’âge de survenue s’étend de 25 à 60 ans, l’incidence augmentant avec l’âge [2 ]. Cette affection touche aussi bien les hommes que les femmes [4 ].

Il existe des prédispositions génétiques, en particulier chez les porteurs de l’ HLA-DQ1 [5 ], de certains allèles du VIPR1 [6 ] (récepteur 1 du peptide vasoactif intestinal), du promoteur de l’ interleukine 10 [7 ]. Mécanismes [ modifier | modifier le code ]

Le sphincter du bas œsophage est innervé et commandé par des neurones. Ces derniers sont en nombre réduit ou absents lors de l’achalasie [8 ]. Le mécanisme de cette disparition pourrait être auto immunitaire [9 ]. Le sphincter inférieur de l’oesophage (SIO) restera inerte et empêchera l’évacuation du liquide oesophagien. Symptômes [ modifier | modifier le code ]

Outre le risque d’une évolution vers une forme grave, avec dilatation majeure du bas œsophage, un cancer peut compliquer la maladie [12 ]. Son dépistage clinique est difficile, le maître symptôme, la dysphagie, étant identique dans les deux cas.

L’utilité d’une fibroscopie de surveillance systématique pour dépistage reste discutée [13 ]. Cela est partiellement expliquée par la difficulté du diagnostic dans un œsophage dilaté avec présence fréquente de résidus alimentaires. L’examen peut toutefois être aidé par une coloration de la paroi au lugol permettant de mieux visualiser les zones suspectes ( dysplasie) [14 ]. Diagnostic [ modifier | modifier le code ]

La fibroscopie permet de différencier l’achalasie d’une autre maladie (pseudo-achalasie, amylose, sarcoïdose, maladie de Chagas, sclérodermie, cancer de l’œsophage… ). Lors d’une achalasie débutante, cet examen est normal. Dans les formes plus évoluées, il peut exister une dilatation du bas œsophage et une résistance accrue au passage de la sonde dans l’estomac [2 ].

Le transit œsogastroduodénal est un examen radiologique qui permet l’étude de l’œsophage, de l’ estomac et du duodénum après absorption orale d’un produit de contraste. En cas d’achalasie, il met en évidence une dilatation de l’œsophage et permet d’estimer la vitesse de vidange du contenu œsophagien.

La manométrie œsophagienne est le principal outil diagnostic en mettant en évidence l’absence de péristaltisme du corps de l’œsophage, l’élévation de la pression du sphincter inférieur de l’œsophage et l’absence de relaxation complète de ce dernier à la déglutition [2 ]. Cet examen peut être fait avec une sonde comportant plusieurs capteurs étagés de pression permettant de préciser le mécanisme de l’anomalie [2 ]. Traitement [ modifier | modifier le code ]

La dilatation pneumatique est le traitement le plus souvent proposé en France et le plus efficace (80 % d’amélioration des symptômes [17 ]). Elle consiste en l’introduction d’un ballon au niveau de la jonction œsogastrique et de le gonfler sous une pression déterminée jusqu’à entraîner un déchirure du sphincter du bas œsophage [2 ]. La procédure peut être éventuellement répétée en employant dans un second temps, un ballon de diamètre plus grand. Ce traitement est proposée lorsque le score d’Eckardt est supérieur à 3. Les complications possibles sont : perforations (3 %) [18 ], fissuration de l’œsophage (2,5 %), reflux gastro-œsophagien (25–30 %). Près d’un tiers des patients rechute entre 4 et 6 ans [2 ] après la procédure qui peut être alors refaite.

Une myotomie par voie endoscopique peut également être faite [21 ], consistant à aller sectionner le sphincter du bas œsophage par cette voie. Cette technique semble être très efficace sur les symptômes (réponse supérieure à 90% [2 ]) mais avec un risque de reflux gastro-œsophagien pouvant atteindre un patient sur deux [22 ].

La myotomie d’Heller [23 ], initié par Ernst Heller en 1913 [24 ], consiste à réaliser une incision longitudinale extra-muqueuse de la couche musculaire du cardia sur une dizaine de centimètres. Elle peut être associée à une fundo plicature pour diminuer le taux de reflux gastro-œsophagien [25 ]. Elle est efficace sur les symptômes dans 90 % des cas [26 ].

Le traitement chirurgical est proposé au sujet jeune ou en cas d’échec à la dilatation pneumatique. Les contre-indications au traitement sont les antécédents de chirurgie œsophagienne. Les complications possibles sont : perforations, dysphagie persistante (5–10 %). Notes et références [ modifier | modifier le code ]