Flatulence — wikipédia origin electricity account

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Les flatulences ont deux origines principales, majoritairement l’air avalé pendant la déglutition ( aérophagie), mais aussi le processus de digestion résultant de la fermentation des matières décomposées par le microbiote intestinal. Ces gaz fermentesibles sont d’autant plus odorants que des protéines complexes se décomposent. Une dysbiose de putréfaction entraîne en effet une mauvaise digestion des protéines à l’origine de gaz « odorants » tandis qu’une dysbiose de fermentation se caractérisée par des ballonnements et des gaz « non odorants ». Une augmentation des flatulences peut traduire différents troubles fonctionnels ( surpopulation bactérienne dans l’intestin grêle (en), syndrome de l’intestin irritable) [4 ].

La consommation de légumes secs avec leur téguments ( flageolets — en raison de leur forte teneur en oligosaccharides —, lentilles, soja), de légumes bulbeux (oignons, ails, échalottes, etc.) et de viandes rouges en modifie donc la production. La mauvaise digestion de certains glucides ( lactose, fructose, etc.) peut aussi provoquer des flatulences. La dégradation de la plupart des féculents, y compris les pommes de terre, le maïs, les pâtes et le blé (mais pas le riz [6 ]), est achevée par la flore du gros intestin, produisant des gaz. Plus rarement, la giardiase, une parasitose bénigne de l’ intestin, peut causer des flatulences. Il peut également s’agir du syndrome de l’intestin irritable ou d’une maladie organique.

Le dicton « péter, c’est la santé » semble confirmé par la littérature médicale. S’empêcher de péter entraîne de nombreux désagréments : gêne physique, voire douleur, ballonnement, dyspepsie (indigestion), pyrosis (brûlures d’estomac). La rétention des pets est un des facteurs majeurs de la diverticulose [7 ]. Quelques données [ modifier | modifier le code ]

Chez les hommes à digestion postgastrique (après l’estomac) [8 ], un individu libère en moyenne par jour de 0,5 à 1,5 L de gaz (59 % d’azote, 21 % d’hydrogène, 9 % de dioxyde de carbone, 7 % de méthane, 3 % d’oxygène, 1 % de sulfure d’hydrogène à l’origine de l’odeur d’œuf pourri, et en traces des composés phosphatés, scatol et indole à l’origine de l’odeur excrémentielle [9 ]), en 10 à 25 occasions [10 ]. Une légende urbaine veut que les femmes pètent 30 % de plus que les hommes mais les études n’ont montré aucune différence entre les deux sexes, pas plus qu’il n’y a de différence entre des sujets jeunes et des sujets âgés [11 ].

Chez les ruminants à digestion prégastrique, 5 % des gaz sont évacués par les flatulences, 95 % sont émis par l’ éructation (éjection spasmodique de gaz du rumen) qui soulage la pression des gaz générée durant le processus de fermentation prégastrique due à la rumination. Par exemple, sur une période de 24 heures, une vache éructe 500 litres de méthane et 1 050 litres de CO 2 [12 ]. Le biologiste Marc-André Selosse résume cette différence par la formule : « alors que les prégastriques rotent (beaucoup, car la fermentation y est plus importante), les postgastriques pètent (un peu) » [13 ].

De nombreux facteurs augmentent la flatulence : air avalé et non éliminé par les éructations, prise médicamenteuse (notamment des antibiotiques) qui perturbe le microbiote intestinal humain, diffusion des gaz du sang dans la lumière intestinale, sécrétion gastro-intestinale, ingestion d’une nourriture riche en fibres [14 ]. Historique [ modifier | modifier le code ]

Dans le He-gassen, un rouleau illustré japonais de l’ époque d’Edo, l’auteur inconnu de ce pamphlet montre une bataille de flatulences entre un groupe de japonais aux pets puissants contre un groupe d’étrangers qui débarquaient un peu plus nombreux au Japon à l’époque. La métaphore est probablement une référence à la xénophobie rampante du shogunat Tokugawa [16 ].

• ↑ La majorité des vertébrés (amphibiens, dinosaures, lézards et oiseaux, quelques poissons même) sont des herbivores postgastriques. La symbiose postgastrique est aussi pratiquée par de nombreux insectes, comme les termites, et des mammifères omnivores dotés d’un cæcum de taille relativement importante et rempli de bactéries facilitant la digestion partielle des fibres alimentaires. À la différence des herbivores prégastriques qui digèrent leurs symbiontes (bactéries, champignons dont la paroi cellulaire est attaquée par le lysozyme de l’estomac), les animaux pourvus de fermenteurs postgastriques ne les digèrent pas car leur intestin est un organe immunoprivilégié. Cf Ed Yong, Moi, microbiote, maître du monde, Dunod, 2017, p. 59 .

• ↑ (en) Sophie Le Trionnaire, Alexis Perry, Bartosz Szczesny, Csaba Szabo, Paul G. Winyard, Jacqueline L. Whatmore, Mark E. Wood, Matthew Whiteman, « The synthesis and functional evaluation of a mitochondria-targeted hydrogen sulfide donor, (10-oxo-10-(4-(3-thioxo-3H-1,2-dithiol-5-yl)phenoxy)decyl)triphenylphosphonium bromide (AP39) », Med Chem Comm, vol. 5, n o 6,‎ 2014, p. 728 ( DOI 10.1039/C3MD00323J) .