Gaz lacrymogène — wikipédia gas news today

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À la suite de plusieurs sièges contre des hors-la-loi et des terroristes mettant en lumière le sous-équipement de la police parisienne, le préfet de police Louis Lépine institue le 26 mai 1912 une commission spéciale chargée d’élaborer des moyens d’action et de protection contre des malfaiteurs barricadés. Cette commission fut composée d’un membre de l’ Institut Pasteur, d’un membre de l’ Académie de médecine, de monsieur Kling, directeur du laboratoire municipal de la ville de Paris, du capitaine Delacroix de la section technique du génie, et de monsieur Sanglé-Ferriere, chef du laboratoire municipal [2 ].

Le premier gaz lacrymogène employé fut l’ étherbromacétique ou bromacétate d’éthyle connu depuis 1850 pour ses propriétés irritantes. Il fut testé à partir de mars 1913 par la préfecture de police de Paris puis utilisé par celle-ci à partir de septembre 1913 pour neutraliser les forcenés et les individus barricadés [3 ]. Devant le succès de cette substance, l’Établissement central du matériel du Génie avait décidé d’adopter une grenade copiée sur le modèle en usage à la Préfecture de police. Depuis, l’armée française possédait des projectiles de pistolet lance-fusées chargés de 19 cm 3 de ce produit, ainsi que des grenades suffocantes à l’éther bromacétique et cela déjà, depuis une décision du 8 juillet 1913 [2 ].

Fin août 1914, le génie militaire de l’ armée française utilisa ce gaz sous forme de cartouches suffocantes et de grenades à mains en Alsace contre l’ armée allemande [2 ]. Cela fut un échec et entraînera une controverse avec l’ Allemagne au sujet du déclenchement de la guerre chimique.

Le gaz est utilisé en grenades par les forces de police. Ces composés sont souvent utilisés pour disperser les émeutes. En effet, ils produisent rapidement une irritation ou une gêne physique incapacitante qui disparaît après la fin de l’exposition. Ils peuvent aussi être utilisés lors de séances d’entraînement martial.

En France, la loi prévoit que « Le maintien de l’ordre obéit à des procédures précises. Ne grenade pas qui veut dans une manifestation. C’est le commandant de compagnie qui donne l’ordre après accord de l’autorité civile (le préfet ou son représentant). La grenade peut être lancée à la main ou à l’aide d’un lanceur (…) Cougar. » [6 ] Une grenade peut être lancée à la main jusqu’à 15 à 20 mètres et 200 mètres avec un Cougar [6 ]. Autodéfense

Le gaz est utilisé en aérosol ( spray) pour l’ auto-défense privée. Il existe également sous forme de gel ou de mousse, qui présentent les avantages d’avoir un effet plus directionnel et d’être moins sensibles au vent. La société suisse Piexon a été la première à créer un produit de défense au format pistolet pour ainsi faciliter l’utilisation et éviter un retour du produit actif.

Certaines organisations libertaires [21 ] conseillent certaines techniques pour se protéger des gaz lacrymogènes lors des manifestations ou pour prévenir de leurs effets les plus dangereux. Il existe même des « guides du manifestant » [22 ]. Prévention

Concernant les yeux, les différentes sources recommandent d’éviter de porter des lentilles de vue lorsqu’on risque d’être exposé aux gaz lacrymogènes [6 ]. Le gaz peut se coincer sous les lentilles et endommager la vue. En cas d’exposition aux gaz avec des lentilles, il est conseillé de les faire retirer rapidement par quelqu’un dont les mains n’ont pas été contaminées par le gaz.

• il est conseillé de bien se laver préventivement le visage et les vêtements avec du savon, ce qui empêche les gaz de se fixer (le savon aidant à la dissolution des graisses dans l’eau, cela permet d’enlever des traces d’éléments gras sur le visage ou les vêtements qui aideraient à fixer les gaz) ;

• il ne faut surtout pas se frotter les yeux, ce qui accroît les larmes et donc la réaction allergique et la douleur : « Le gaz lacrymogène augmente la sécrétion lacrymale, qui fait pleurer. Et il provoque dans ces larmes une réaction allergique, qui pique énormément, donne les yeux rouges, gonfle les paupières. », explique dans Libération, en 2006, l’ophtalmologue Richard Chemoul [6 ] ;

• la meilleure solution consiste à rincer abondamment les yeux à l’aide d’un sérum physiologique, et retirer les lentilles de contact. L’eau pure peut parfois augmenter la douleur si elle n’est pas versée en abondance car elle dissout les cristaux déposés par le gaz [réf. nécessaire] ;

Le déshabillage de la personne peut être nécessaire, en évitant le passage des vêtements par la tête. Un rinçage à l’eau et au savon est recommandé, même s’il a été décrit de rares cas d’exacerbation des lésions [8 ]. Il existe certains produits décontaminants, comme la diphotérine [26 ], mais peu utilisés en pratique courante. Tentatives d’interdiction

Comme toute arme chimique, l’utilisation de gaz lacrymogène est interdite dans le cadre d’un conflit armé par une convention internationale. Cette convention ne réglemente cependant pas l’usage de substances chimiques dans le cadre du maintien de l’ordre public.

Face à la dangerosité de l’usage de ce gaz par les forces de l’ordre sur des personnes, des parlementaires allemands appartenant au parti Die Linke ont déposé en 2011 une proposition visant à restreindre cet usage à la seule légitime défense [27 ] , [28 ]. Notes et références