Grand lausanne liste de projets – page 84 – skyscrapercity electricity history facts

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Par contre Crissier (tout comme Bussigny) n’a pas compris, ou plutôt ne veut pas accepter, que la population a voté en faveur de la densification du tissu bâti. C’est d’autant plus grave que ces deux communes (mais encore bien d’autres) semblent bénéficier de la complicité (ou l’incompétence) des autorités vaudoises qui dépensent beaucoup d’énergie à chercher des arrangements avec la Confédération pour ne pas appliquer trop strictement les déclassements de terrains constructibles en excédent plutôt que de mettre une réelle pression sur les petites communes pour qu’elles densifient leur centre et arrêtent de s’étaler toujours plus.

Aujourd’hui encore, selon un article paru récemment dans 24 heures, les villages se développent plus rapidement que les grandes villes, ce qui est en totale contradiction avec ce que demande la LAT. A moins que la LAT ait été volontairement ficelée de telle manière à ce que le mitage du territoire continue. Il doit bien exister des groupes de personnes qui en tirent un bénéfice.

Il est totalement inadmissible que les autorités compétentes laissent par ex. Bussigny développer un nouveau quartier périphérique de 40 ha (Bussigny-Ouest) destiné essentiellement à des petites constructions, quand on connait la soi-disant pénurie de terrains constructibles et la volonté déclarée par le peuple souverain de stopper le mitage du territoire. Ce projet ne répond même pas à la densité minimale requise dans le Grand Lausanne, soit 100 hae/ha, qui est déjà très peu élevée.

En 2013 encore, la Petite Corniche était une de ces zones artisanales sans grande esthétique, souvent encombrées, devant laquelle on passait sans que l’œil ne soit attiré. Total changement de décor avec l’émergence d’un quartier élégant, montrant une sorte de grande galette totalement végétalisée et des appartements au-dessus. Un quartier plutôt chic, agréable à regarder dont les détails ont été soignés puisque l’architecte, Fabien Steiner, s’est attaché à créer des lignes verdoyantes qui s’insèrent particulièrement dans ce paysage de vignoble en terrasses. Sous la galette, les artisans d’origine ont retrouvé leur espace de travail dans un environnement modernisé et mieux adapté à la nouvelle économie. C’était d’ailleurs la condition de départ pour pouvoir transformer ce quartier et y implanter de l’habitation. Mais un long chemin a été parcouru entre l’octroi du permis de construire et la réalisation de ce projet. On y trouve désormais sur 5’000 m2 de surfaces artisanales les occupants d’antan, soit un garage, une carrosserie, un cuisiniste, des espaces de bureau et d’exposition. S’y sont ajoutées différentes enseignes, dont un centre commercial et une pharmacie. Surtout, une soixantaine de logements sont répartis sur les cinq immeubles occupant le terrain.

Pour transformer ce quartier, un investissement lourd a été consenti par le promoteur qui a ensuite confié la gestion du patrimoine immobilier à Bernard Nicod. En 2011, la Société Grand’Rives Lac SA a fait l’acquisition de ces 10’000 m2 auprès d’une hoirie. Il a fallu ensuite 50 millions pour transformer cette friche industrielle en un quartier élégant qui marque l’entrée Est de Lutry. Le chantier n’a pas été facile car, selon les engagements de départ, le promoteur a fait en sorte que tous les artisans sur place puissent continuer leurs activités. Le chantier a donc été scindé en deux, avec déménagement à l’arrière pour le garage, le temps que le terrain soit préparé et que les constructions puissent se faire. Ce n’est qu’une fois les artisans réinstallés à leur place définitive que les travaux ont pu commencer sur la parcelle arrière du terrain. Mais cette manière de procéder a fait quasi doubler le temps avec un chantier ouvert.

Contacté, le syndic Jacques André Conne se réjouit de ce quartier qu’il qualifie de «très belle réussite architecturale». Une réussite qui a également passé la rampe de la commission consultative de Lavaux qui, on le sait, est très attentive à tous les détails. Et, ajoute le syndic, «il est heureux que les logements soient proposés à la location plutôt qu’à la vente. Tout le monde n’a pas les fonds propres pour acheter un bien immobilier, tandis qu’en louant 60 appartements, ce sont plus de 120 nouveaux habitants qui arrivent sur la commune.» A l’heure de l’inauguration, il ne reste que quelques surfaces à la location. En revanche, les huit espaces commerciaux sont loués. Quant au nombre d’emplois générés, il est trop tôt pour l’ estimer. Chacun veut attendre un minimum de temps pour connaître la fréquentation et le renforcement éventuel du personnel.