Île de gorée — wikipédia gas laws definition chemistry

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Le navigateur portugais Dinis Dias atteint l’île de Gorée en 1444, qu’il baptise « Palma » [1 ]. Les Hollandais s’emparent de Gorée en 1588 et la baptisent Goede Reede, « la bonne rade », étymon du nom actuel. Les Français s’implantent sur l’île le 1 er novembre 1677 [2 ], mais les Anglais leur disputent cette position jusqu’à la paix d’Amiens en 1802. L’île fut occupée par les Anglais de 1804 à 1817 puis rendue à la France.

La traite des esclaves perdure pendant trois siècles sur les côtes africaines ( Gambie, Saint-Louis du Sénégal, Bénin, Ghana…). Les centres concentrationnaires des esclaves africains en partance pour l’ Amérique se situent surtout à Saint-Louis, point de convergence de la traite négrière arabo-musulmane et européenne.

À Gorée, l’ancienne demeure de la signare Anna Colas Pépin (nièce d’ Anne Pépin), connue dans le monde entier sous le nom de Maison des Esclaves, est un lieu plus symbolique qu’historique. Cependant, l’île de Gorée reste une place qui a joué un rôle non négligeable dans la traite, par la présence de captiveries françaises [3 ] et le nombre d’esclaves déportés (environ 500 par an entre 1726 et 1755 et 15 476 entre 1761 et 1848) [4 ]. L’historien américain Philip Curtin estime ce nombre entre 900 et 1 500 personnes.

Les propriétaires des villages négriers sur le continent où étaient stockés les captifs étaient les Rois Wolof du Cayor et les Rois Toucouleurs du haut fleuve Sénégal. L’on trouve aux Archives nationales de France, rue Soubise à Paris, ainsi qu’à la Bibliothèque Nationale François Mitterrand, les informations concernant ces rois négriers et la macabre comptabilité de ce commerce.

Les Rois du Cayor se heurtèrent néanmoins à une forte résistance des Lébous et des Sérères habitant la petite côte du Sénégal, lesquels furent décrits dès le début du XV e siècle par le navigateur Alvise Cadamosto comme des peuples refusant de vendre des esclaves.

En parallèle du commerce des esclaves contrôlé par l’administration des Rois de France et d’Angleterre, le commerce de la gomme, de l’ arachide, des peaux, de l’or du Galam, des épices pauvres ainsi que la fourniture d’ouvriers qualifiés (charpentiers, maçons…) assurent la prospérité économique des signares de l’île de Gorée du XVIII e au XIX e siècle. Les signares de Gorée, en particulier Anna Colas Pépin lanceront, le commerce de l’ Arachide au Sénégal en 1841 à Rufisque ce qui provoquera le développement économique de ce village qui deviendra une ville.

Avec la fondation de Dakar en 1857, à la demande des notables métis de l’île, signares en tête, Gorée perd progressivement de son importance. En 1872 l’administration coloniale française crée les deux communes de Saint-Louis et Gorée, les deux premières communes d’Afrique de l’ouest sur le modèle occidental, dotées exactement du même statut que les autres communes françaises (statut ultérieurement étendu à Dakar et Rufisque : les quatre communes). Dakar, sur le continent, fait partie de la commune de Gorée, dont l’administration se trouvait sur l’île. Cependant, dès 1887, Dakar est détachée de la commune de Gorée et devient une commune de plein exercice. La commune de Gorée en est réduite à sa petite île.

En 1891, la population de Gorée s’élève à 2 100 habitants contre 8 737 pour Dakar. En 1926, l’écart s’accentua : les Goréens ne sont plus que 700, alors que la population de Dakar atteint 33 679 personnes. C’est ainsi que la fusion de Gorée avec Dakar est décidée en 1929. La commune de Gorée disparaît et Gorée n’est plus désormais qu’une petite île sur la commune de Dakar. Le lieutenant Robert Gaffiot publie en 1933 un ouvrage dont le titre reflète bien ce déclassement : Gorée, capitale déchue. Administration [ modifier | modifier le code ]

En 1996 le Parlement se prononce en faveur d’une profonde réforme de l’organisation territoriale du Sénégal. Dans le cadre de cette politique de décentralisation, la commune de Dakar, devenue trop étendue et trop peuplée, se voit divisée en 19 communes d’arrondissement, auxquelles des pouvoirs plus grands sont conférés.

Pour la commune de Gorée c’est une sorte de résurrection. Avec le titre de « Commune d’Arrondissement de l’île de Gorée », elle reprend possession des bâtiments de l’ancien hôtel de ville au centre de l’île, un édifice qui avait hébergé la mairie de la précédente commune de Gorée entre 1872 et 1929.

Sous le mandat d’Urbain Diagne, militaire de carrière et adjoint spécial au Maire de Dakar chargé de Gorée à partir de 1980, qui s’achèvera par sa retraite politique en 2001, Gorée renaît notamment par sa classification sur la liste du patrimoine mondial de l’ Unesco (1978) avec le concours de son Secrétaire Général, le Sénégalais Amadou-Mahtar M’Bow et d’ Abdou Diouf, alors Premier Ministre de Léopold S.Senghor. L’île retrouve son cachet d’antan : rénovation des bâtiments et infrastructure adaptée aux normes architecturales d’origine, re-fleurissement par l’Association des Amis de la Nature présidée alors par Maître Marie-Josée Crespin.

L’île se modernise et s’ouvre au monde par de nombreux jumelages avec d’autres villes également chargées d’Histoire : Drancy (France), Robben Island (Afrique du Sud), Sainte-Anne (Martinique), Lamentin (Guadeloupe). Gorée est désormais un lieu de passage et de recueillement obligé pour les grands de ce monde en visite officielle au Sénégal ( Jean-Paul II, Bill Clinton, Yasser Arafat…).

L’Université des Mutants est un centre international de rencontres et de conférences fondé en 1979 à l’initiative du Président Léopold Sédar Senghor et de l’écrivain et philosophe français Roger Garaudy. Le bâtiment de l’Université est devenu, depuis le 3 juin 2014 [9 ], le siège social de la Fondation Mondiale pour le Mémorial et la Sauvegarde de Gorée. Gorée et les arts [ modifier | modifier le code ]

L’atmosphère attachante d’une île sans voitures ni bicyclettes, les tons pastels de ses façades, son climat agréable, mais aussi la proximité de la capitale ont conduit de nombreux artistes à s’établir à Gorée, temporairement ou définitivement. Le plus connu est sans doute le peintre Fallou Dolly et ses fixés sous verre, mais on peut citer également Moussa Sakho, Gabriel Kemzo Malou ou Cheikh Keita. Beaucoup d’entre eux sont installés aux abords du Castel.

La musique n’est pas en reste. Des artistes tels que Iannis Xenakis, Kassav’ ou Youssou N’Dour y ont puisé leur inspiration. Un opéra lui a été dédié en 1966 à l’occasion du premier Festival mondial des Arts nègres. La chorale de l’église Saint-Charles-Borromée bénéficie d’une certaine notoriété. Le célèbre chanteur brésilien Gilberto Gil a composé la belle chanson "La lune de Gorée", qu’il chante dans l’album Quanta.

Des scènes de plusieurs films ont été tournées dans ce cadre photogénique. L’Histoire d’Adèle H. de François Truffaut montre ainsi Isabelle Adjani – dans le rôle de la fille désespérée de Victor Hugo – errant dans les rues en quête d’un amour impossible.

Le musée Dapper organise également depuis 2012 des manifestations culturelles de grande envergure sur l’île de Gorée. Ainsi l’exposition Formes et Paroles (novembre 2014 à fin mars 2015), organisée en partenariat avec la mairie et sous le haut patronage du ministère de la culture, expose sur l’esplanade, la place devant l’église et le centre socio culturel, avec une entrée gratuite des artistes d’envergure internationale. Goréens célèbres [ modifier | modifier le code ]