James prescott joule — wikipédia gas after eating bread

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Fils du brasseur Benjamin Joule (1784-1858), Joule est éduqué à domicile jusqu’en 1842 date à laquelle il est envoyé étudier, avec son frère aîné, aux côtés de John Dalton à la Manchester Literary and Philosophical Society. Les deux frères étudient deux ans la géométrie et l’arithmétique avant que Dalton ne soit forcé de prendre sa retraite en raison d’un AVC. Cependant l’influence de Dalton fut décisive, ainsi que celle de son associé le chimiste William Henry et des ingénieurs de Manchester Peter Ewart et Eaton Hodgkinson. John Davies prend alors en charge leur éducation. Joule est alors fasciné par l’électricité qu’il expérimente avec son frère en se donnant mutuellement des chocs électriques [2 ].

Joule travaille ensuite dans la brasserie familiale et y prend un rôle actif jusqu’à la vente de l’usine en 1854. La science n’est alors pour lui qu’un loisir mais il commence rapidement à étudier la faisabilité du remplacement de la machine à vapeur de la brasserie par le moteur électrique qui vient d’être inventé. En 1838, il écrit sa première publication scientifique dans Annals of electricity, le journal scientifique créé par William Sturgeon, collègue de Davies. Il découvre l’ effet Joule en 1840 [3 ] et espère une publication par la Royal Society, mais découvre, une première fois, qu’il n’est considéré que comme un simple dilettante provincial. Quand Sturgeon déménage à Manchester en 1840, Joule et lui deviennent le centre d’un cercle d’intellectuels mancuniens. Les deux considèrent que sciences et technologie pourraient et devraient être intégrées [2 ].

Il découvre qu’une livre de charbon dans une machine à vapeur produit cinq fois plus de travail qu’une livre de zinc consommée dans une cellule de Grove [4 ], un des premiers modèles de piles électriques [5 ]. Le concept de travail économique [6 ] de Joule est la capacité d’élever une masse d’une livre de un pied, le pied-livre [7 ] , [2 ].

Cependant, l’intérêt de Joule se détourna de la question financière restreinte pour celle de la détermination de la quantité d’énergie que pouvait fournir une source donnée d’énergie, l’amenant à supposer la nature convertible de l’énergie. En 1843 il publie des résultats expérimentaux montrant que l’effet thermique qu’il avait quantifié en 1841 était dû à la génération de chaleur dans le matériau conducteur et non de son transfert depuis une autre partie du matériel [8 ]. Cela constituait une remise en cause directe de la théorie du calorique qui supposait que la chaleur ne pouvait ni être créée ni être détruite et qui dominait le débat scientifique depuis son introduction par Antoine Lavoisier en 1783. Le prestige de Lavoisier et les succès pratiques de la théorie du calorique acquis par Sadi Carnot à propos des machines thermiques depuis 1824 ont rendu difficile l’acceptation des théories du jeune Joule, travaillant en dehors des milieux académiques ou de l’ingénierie. Les tenants de la théorie du calorique pointèrent rapidement la symétrie avec les effets Peltier et Seebeck pour prétendre que chaleur et courant étaient mutuellement convertibles, au moins approximativement, par un processus réversible [2 ] L’équivalent mécanique de la chaleur [ modifier | modifier le code ]

« … la puissance mécanique employée pour faire tourner une machine électro-magnétique est convertie en chaleur qui provient du passage des courants d’induction à travers ses bobines ; et, d’un autre côté, la puissance motrice du moteur est obtenue aux dépens de la chaleur de la réaction chimique de la batterie grâce à laquelle il fonctionne. »

Davantage d’expériences et des mesures l’amènent à considérer l’ équivalent mécanique de la chaleur par la conversion suivante : 838 pieds-livres de travail sont nécessaires pour élever la température d’une livre d’eau d’un degré Fahrenheit [9 ]. Il annonce ces résultats à une réunion de la section Chimie de la British Association for the Advancement of Science à Cork en 1843. Il y est accueilli par le silence.

Opiniâtre, Joule commence à chercher une démonstration purement mécanique de la conversion du travail en chaleur. En forçant le passage d’eau à travers un cylindre perforé, il est capable de mesurer un léger échauffement visqueux du fluide. Il obtient alors l’équivalent de condtruction 770 pied-livre/ BTU (soit 4,14 J/ cal). Le fait que les valeurs obtenues aussi bien électriquement que purement mécaniquement soient identiques, au moins au premier ordre, était pour Joule la preuve de la convertibilité du travail en chaleur.

Joule essaye également une troisième voie : il mesure la chaleur générée lors d’un travail de compression d’un gaz. Il obtient alors l’équivalent mécanique de 823 pied-livre/BTU (4,43 J/cal) [10 ]. D’une certaine façon cette expérience est celle qui exposait le plus Joule aux critiques mais il anticipe les objections par une pratique expérimentale ingénieuse. Néanmoins son article est refusé par la Royal Society et il doit se contenter d’une publication dans le Philosophical Magazine.

« Je conçois que cette théorie est … opposée aux principes reconnus de la philosophie parce que la vis viva peut être détruite par une mauvaise utilisation de l’appareil : ainsi M. Clapeyron tire la conclusion que « la température du feu étant 1000 à 2000°C supérieure à celle de la chaudière, il y a une énorme perte de vis viva dans le passage de la chaleur du foyer à la chaudière ». Croyant que la puissance de détruire revient à Dieu seul j’affirme … que toute théorie, qui une fois développée, nécessite l’annihilation de forces est forcément erronée. »