Les contes de canterbury — wikipédia natural gas in spanish

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Au mois d’avril, une trentaine de pèlerins d’origines diverses, représentant un échantillon de la société anglaise du XIV e siècle, se retrouve au Tabard Inn (en), une auberge de Southwark, au sud de Londres. C’est le point de départ de leur pèlerinage à Canterbury, où ils veulent se recueillir sur la tombe de l’archevêque Thomas Becket. Les pèlerins sont au nombre de vingt-neuf : un chevalier, son fils écuyer et son yeoman, une prieure, accompagnée d’une deuxième nonne et de leur aumônier, un moine, un frère mendiant, un marchand, un universitaire, un juriste, un franklin, un mercier, un charpentier, un tailleur, un teinturier, un tisserand, un cuisinier, un marin, un médecin, une bourgeoise de Bath, un curé, son frère laboureur, un meunier, un économe, un régisseur, un huissier, un vendeur d’indulgences, l’aubergiste du Tabard, et enfin Chaucer lui-même. Afin d’agrémenter leur voyage, l’aubergiste propose un concours : chacun des pèlerins devra raconter quatre histoires aux autres, deux à l’aller et deux au retour. La meilleure histoire vaudra à celui ou celle qui l’a racontée un repas gratuit au Tabard.

Le reste des Contes de Canterbury se compose des histoires des pèlerins, entrecoupées de brefs échanges entre eux. Chaucer ne décrit pas les conditions de leur voyage, ni les endroits qu’ils traversent. Sources et genre [ modifier | modifier le code ]

On a dit que Chaucer s’était parfois contenté de traduire ou adapter Guillaume de Lorris, Jean de Meung ou le Décaméron de son contemporain Boccace dans le cas présent. C’est aller un peu vite car, si les thèmes sont souvent très proches, c’est qu’ils étaient « dans l’air du temps » et c’est faire fi du talent particulier de Chaucer à s’approprier la trame d’un récit pour en faire sa chose, une re-création, avec son style propre et sa vision personnelle de la société de son temps.

Chaucer enrichit l’idée de la suite de contes, courante à cette époque, en la plaçant dans le cadre du pèlerinage. Cela lui permet, par la diversité des conteurs successifs, et donc des thèmes traités, de s’adresser à des auditoires différents. Comme on le verra plus loin, il conseille au lecteur, si tel conte ne lui plaît pas, de tourner la page et d’en choisir un autre. C’est l’Aubergiste qui fera la liaison, donnant la parole à l’un puis à l’autre, calmant les esprits, mettant fin aux querelles. L’auteur garde son sens spirituel au pèlerinage tout en montrant ses personnages, les pèlerins, dans leur dimension humaine et bien terrestre, chacun différent, parfois antagonistes, mais tous unis dans un même but, le sanctuaire de Thomas Becket. Par la progression du récit, l’enchaînement des différents contes, on peut dire qu’il y a une analogie entre le déroulement du pèlerinage raconté et la vision chrétienne de la marche de l’humanité vers la Jérusalem céleste.

Il subsiste cinquante-cinq manuscrits de l’intégralité des Contes (certains en partie abîmés), et vingt-huit autres qui n’en contiennent qu’une partie. Les deux plus importants sont le manuscrit Hengwrt et le manuscrit Ellesmere. Le premier, conservé à la Bibliothèque nationale du pays de Galles (MS Peniarth 392 D), est le plus ancien manuscrit des Contes connu, ayant été produit aux alentours de la mort de Chaucer, en 1400. Il est cependant en assez mauvais état. Le manuscrit Ellesmere, conservé à la bibliothèque Huntington de San Marino (Californie) (Ellesmere 26.C.9), est plus tardif. Probablement réalisé par l’auteur du Hengwrt quelques années plus tard, il est richement illustré [1 ].

Il n’y a pas deux manuscrits identiques des Contes. Beaucoup de différences portent sur des points de détail, mais d’autres sont plus importantes, au premier chef desquelles l’ordre des récits des pèlerins. On ignore les intentions exactes de Chaucer à ce sujet, même si certains contes présentent des liens clairs et tangibles avec leur prédécesseur ou leur successeur. Ces liens ont permis d’établir des « Fragments », autrement dit des groupes de contes qui vont ensemble. Certaines successions de Fragments sont assez solidement établies (I et II, VI et VII, IX et X), alors que d’autres sont beaucoup plus incertaines. L’ordre des Fragments le plus couramment suivi par les éditions contemporaines est celui de Thomas Tyrwhitt, le premier éditeur moderne des Contes (1775-1778), qui suit le manuscrit Ellesmere. Au XIX e siècle, Henry Bradshaw propose un ordre alternatif qui est repris par Walter William Skeat et la plupart des éditions du XX e siècle [1 ] : Ordre proposé par