Liste d’idiotismes gastronomiques français — wikipédia electricity in salt water

La façon dont les hommes se nourrissent structure leur organisation sociale ( division du travail) et leur perception du réel. Dans toutes les langues, de nombreuses expressions quotidiennes font référence à des aliments ou à la façon de les préparer. La plupart du temps, elles sont utilisées comme métaphores muettes, mais il arrive que l’actualité rende perceptibles les enjeux qui les sous-tendent, comme le montre la détermination d’un restaurateur américain qui alimenta la décision du Congrès des États-Unis de débaptiser les french fries (les frites) des cafétérias, en 2003, pour en faire des freedom fries, signifiant qu’il ne digérait pas l’affront du refus français de s’embarquer dans l’ aventure irakienne [1 ]. Cette vengeance à chaud avait des précédents : pendant la guerre de 1917-1918, la choucroute américaine, de sauerkraut était devenue freedom cabbage (« chou de la liberté »), locution vite oubliée, tandis que les frankfurters étaient devenues des hot-dogs, idiotisme animalier qui allait faire le tour du monde [1 ].

En Californie, les producteurs de pruneaux, chagrins de la contre-publicité dont ils sont victimes à cause de l’idiotisme dried prune (« ridée comme un pruneau »), décident en 2000 de commercialiser leur produit sous l’appellation « prune sèche », le mot « prune » ( plum) étant associé en anglais à des images de rondeurs et de fraîcheur juvéniles [2 ].

Bien que le thème « idiotismes gastronomiques » n’ait pas fait l’objet de travaux de recherche per se, différentes disciplines se sont attaquées au problème [3 ]. L’ ethnologie, notamment Claude Levi-Strauss dans son ouvrage, Le Cru et le Cuit, s’y est intéressé.

Le structuraliste, Roland Barthes, consacre quatre articles de ses Mythologies à la thématique de l’alimentation. Les psychologues ont étudié la façon dont certaines métaphores utilisées par les parents définissaient la perception de soi [4 ], une approche féministe montre comment les femmes sont amenées à se définir en fonction d’une série de métaphores liées à la nourriture et à la cuisine [5 ].

La psychanalyse, notamment lacanienne, est évidemment sensible à la dimension métaphorique du discours, et peut être amenée à étudier le corpus de locutions liées à la nourriture dans le discours des boulimiques ou des anorexiques [6 ]. Petit glossaire d’idiotismes français [ modifier | modifier le code ] A [ modifier | modifier le code ]

• « inventer le fil à couper le beurre » : faire une proposition ridicule, à laquelle tout le monde avait déjà pensé : « Il va encore nous inventer le fil à couper le beurre [14 ] ! » Souvent à la forme négative : « Il n’a pas inventé le fil à couper le beurre. » (cf. inventer l’eau tiède).

• « tirer les marrons du feu » : prendre des risques pour quelqu’un d’autre : image de quelqu’un qui se brûle en retirant les marrons, alors que c’est un autre qui les mange (tiré de la fable de Jean de La Fontaine, Le Singe et le Chat). Cette expression est souvent incorrectement comprise et utilisée à contre-sens, celui qui tire les marrons du feu étant le profiteur.

• « avoir du pain sur la planche » : avoir beaucoup de travail, de tâches à accomplir. Cette expression a curieusement changé de signification car Littré donnait, dans son dictionnaire, « avoir du pain (cuit) sur la planche » pour un moment où l’on peut au contraire se reposer… avant de devoir le couper… [52 ].

• « glisser une quenelle » : expression grivoise qui évoque la sodomie (geste à l’appui). Elle est utilisée depuis quelques années, notamment par l’humoriste Dieudonné M’Bala M’Bala, dans ses spectacles au Théâtre de la Main d’Or, et elle s’est répandue sur la toile. « Mettre /poser / glisser une quenelle à quelqu’un ou à un groupe de personnes » : se moquer de lui (d’eux) en feignant de les humilier sexuellement [réf. nécessaire].