Lucifer — wikipédia gas x and pregnancy

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Le nom Lucifer vient du latin et signifie « Porteur de lumière », de lux (« lumière ») et ferre (« porter »). Dans la Rome antique, ce nom désigne la planète Vénus [1 ], aussi appelée l’« étoile du matin », car elle est très brillante dans le ciel et peut être observée le matin avant le lever du soleil ou le soir après le coucher du soleil. Elle semble donc accompagner le soleil [2 ]. Le nom Lucifer est introduit dans la Bible au IV e siècle dans la version latine, la Vulgate, pour traduire le terme hébreu hêlēl dans l’expression hêlēl ben šāḥar « (astre) brillant fils de l’aurore » qui figure dans le Livre d’Isaie [3 ]. Dans le contexte de l’oracle d’Isaïe, il s’agit de décrire l’ascension et la chute d’un tyran, vraisemblablement ici la chute d’un souverain babylonien ( VIII e / VII e siècle av. J.-C.) [4 ]. Pour cela, Isaïe utilise une image empruntée à un mythe cananéen qui fait allusion à la déesse Sahar, l’« Aurore ». Ce mythe est peut-être lui-même adapté d’un mythe grec, qui semble décrire la chute du plus brillant des astres et qui avait voulu prendre la place du soleil [5 ]. Cette traduction latine reprend celle de la Bible grecque, la Septante, qui a traduit hêlēl par Éosphoros.

Au cours de la période du Second Temple ( VI e siècle av. J.-C./ I er siècle), il se développe au sein du judaïsme l’idée qu’il existe entre la sphère divine et le monde des hommes un monde intermédiaire peuplé d’anges. Ces anges sont capables de modifier le cours des événements. Les anges mauvais sont responsables de l’apparition du mal dans la Création [6 ]. Dans la pensée du judaïsme de la période du Second Temple, les démons sont regardés comme des anges déchus. Pour évoquer leur chute, on utilise l’imagerie mythique de la guerre des astres du Livre d’Isaïe. Dans le Livre d’Hénoch, le chef de ces anges déchus est Azazel. Dans le Deuxième Livre d’Hénoch, Satan est présenté comme un archange déchu dès la Création pour avoir défié Dieu et ayant entraîné les autres anges rebelles dans sa chute [7 ]. Aux II e et III e siècles, les Pères de l’Église comme Origène, puis Jérôme de Stridon, identifient Lucifer à Satan. La chute spectaculaire de l’« astre brillant » du livre d’Isaïe devient dans la Bible latine la chute de Lucifer. Elle est comprise comme la description de la chute d’un ange, ce qui favorise l’assimilation de Lucifer à Satan [8 ]. À partir du Moyen Âge, Lucifer et Satan sont considérés comme des noms pour le diable [8 ].

La tradition chrétienne puise dans la Bible la notion d’ange déchu et un passage d’Isaïe l’a associée au concept de porteur de lumière. Le Livre d’Ézéchiel fait référence à un ange déchu, un « chérubin protecteur » : « Je t’avais installé, et tu y étais, sur la sainte montagne de Dieu […] et ce jusqu’à ce qu’on trouve de l’injustice en toi [9 ]. ». Le Livre d’Isaïe chante, au chapitre XIV, la mort du roi de Babylone et dit, au verset 4 : « Tu entonneras le chant que voici sur le roi de Babylone : Comment a disparu l’oppresseur, cessé la tyrannie. » Les versets 12 à 14 chantent ceci :

« Comme tu es tombé du ciel hêylêl (astre brillant), fils de l’aurore ! Comme tu as été renversé jusqu’à terre, dompteur des nations ! Tu disais en ton cœur : "Je monterai au ciel, au-dessus des étoiles de Dieu j’érigerai mon trône, je m’assiérai sur la montagne du rendez-vous, dans les profondeurs du Nord. Je monterai sur les hauteurs des nuées, je serai l’égal du Très-Haut [10 ]." »

C’est de ce deuxième passage que vient le nom Lucifer donné à l’ange rebelle. Jérôme de Stridon, vers 408 [11 ], qui traduit dans sa Vulgate l’hébreu hêylêl du passage d’Isaïe par le nom Lucifer. hyll (ou hylyl dans l’un des manuscrits de la mer Morte) vient de la racine hâlal (« briller, luire », mais aussi « vouloir briller, se vanter, extravaguer [12 ] »). Les lexicographes Brown, Driver et Briggs, ainsi que Koehler et Baumgartner le traduisent par shining one (« celui qui brille »), qu’ils interprètent comme « étoile du matin [13 ]. » Dans la Septante, on lit ὁ ἑωσφόρος ὁ πρωὶ ἀνατέλλων / ó éôsphóros ò prôì ánatéllôn, qui signifie « le porteur d’aurore, celui qui se lève le matin ». Dans la culture romaine [ modifier | modifier le code ]

Lucifer (latin) et Phosphoros (grec) sont deux épithètes données à la planète Vénus dans l’Antiquité, selon le William Smith’s Smaller Classical Dictionary, parmi d’autres désignations comme Hesperus, Vesperugo, Vesper, Noctifer et Nocturnus quand elle apparaît dans le ciel du soir plutôt que celui du matin, elle introduit alors l’obscurité plutôt que la lumière du jour. La planète Vénus est le troisième objet le plus brillant du ciel avec une magnitude apparente de -4,6, après le Soleil (-26,73) et la Lune (-12,6). Comme Vénus est sur une orbite plus petite que celle de la Terre, elle ne semble jamais loin du soleil. D’où son nom d’étoile du matin quand elle précède de peu le lever du Soleil.

Pour le jésuite Tournemine au XVIII e siècle, Lucifer est celui qui apporte la clarté, les « lumières », la connaissance et la révolte. Il y voit une parenté avec le Titan Prométhée qui, dans la mythologie grecque, a désobéi à Zeus et donné le feu aux hommes [15 ]. Dans le spiritualisme [ modifier | modifier le code ]

Selon l’ anthroposophie, il existe deux principes démoniaques qui s’opposent à l’évolution de l’humanité, mais qui la rendent aussi possible, Lucifer et Ahriman [16 ] [réf. insuffisante]. Rudolf Steiner identifie Ahriman à Satan, lequel est bien distinct de Lucifer. Il est l’être qui fait de l’homme un être terrestre assujetti à la matière, alors que Lucifer et les forces lucifériennes tendent à l’en détacher. Ainsi, Lucifer agirait par exemple en l’homme dans toute activité artistique et toute activité intellectuelle, car elle élève l’homme au-dessus de sa nature physique [réf. nécessaire]. L’influence de Lucifer deviendrait malsaine quand elle agit au-delà de son action nécessaire, par exemple quand l’homme s’abandonne à l’égoïsme ou au narcissisme [réf. nécessaire]. Dans la culture populaire [ modifier | modifier le code ] Série TV [ modifier | modifier le code ]

• William Schnoebelen et Sharon Schnoebelen, Lucifer détrôné : une histoire vraie, Aulnay-sous-Bois, Éd. Roi des rois, 2007, 292 p., couv. ill. en coul. ; 21 cm + 1 fasc. d’ill. (10 p.) ( ISBN 978-2-9527909 (édité erroné), notice BnF n o FRBNF41194570)

• Albert Réville ( préf. Pierre-Yves Ruff), Histoire du diable : ses origines, sa grandeur et sa décadence, Saint-Martin-de-Bonfossé, Théolib, coll. « "Liber***" », 2013, 139 p., couv. ill. en coul. ; 23 cm ( ISBN 978-2-36500-057-4, ISSN 2259-5430, notice BnF n o FRBNF43521045)

• Grégoire Holtz (Directeur de publication) et Thibaut Maus de Rolley (Directeur de publication) ( préf. Frank Lestringant), Voyager avec le diable : voyages réels, voyages imaginaires et discours démonologiques, XV e – XVII e siècle, Paris, Presses de l’Université Paris-Sorbonne, coll. « Imago mundi » ( n o 14), 2008, 321 p., ill. en noir et en coul., couv. ill. en coul. ; 24 cm ( ISBN 978-2-84050-542-6, ISSN 1627-6914, notice BnF n o FRBNF41192770)

• Marianne Closson, L’imaginaire démoniaque en France,1550-1650 : genèse de la littérature fantastique, Genève, Droz, coll. « Travaux d’Humanisme et Renaissance » ( n o 341), 2000, 544 p., 26 cm ( ISBN 2-600-00432-7, ISSN 0082-6081, notice BnF n o FRBNF37121089)

• (en) Gerhard Jaritz (Éditeur scientifique), Angels, devils : the supernatural and its visual representation, Budapest, Central European university, coll. « CEU medievalia » ( n o 15), 2011, 205 p., ill. ; 25 cm ( ISBN 978-615-5053-21-4, ISSN 1587-6470, notice BnF n o FRBNF42468715)

• (de) Andrea Imig, Luzifer als Frau? : zur Ikonographie der frauengestaltigen Schlange in Sündenfalldarstellungen des 13. bis 16. Jahrhunderts, Hamburg, Kovac, coll. « Schriften zur Kunstgeschichte » ( n o 25), 2009, 253 p., ill. en noir. ; 21 cm ( ISBN 9783830044642, ISSN 1617-8610, notice BnF n o FRBNF42303374)