Mayennais — wikipédia gas x strips after gastric sleeve

###

On distingait cependant à l’intérieur du mayennais plusieurs parlers différents dans la province du Maine : le bas-mainiot, actuel mayennais, à l’est dans le bas-Maine, le haut-mainiot, actuel sarthois dans le haut-Maine, soit tout au nord du Mans. Une autre langue, légèrement influencée par la langue angevine se parlait au sud de la province. Ils ont évolué différemment mais restant très proches et compréhensibles par leurs locuteurs. La diffusion du français a bénéficié de l’unité territoriale, et le mayennais comme langue parlée est devenu un patois pratiqué par les populations rurales jusqu’au XX e siècle. Répartition géographique [ modifier | modifier le code ]

Le mayennais est traditionnellement parlé dans le département de la Mayenne, mais aussi dans l’extrème sud de l’ Orne, où il se confond avec le normand méridional, dans l’extrème est de la Bretagne, où il se confond avec le gallo et dans l’ouest de la Sarthe, où il se confond avec le sarthois. Linguistique [ modifier | modifier le code ]

Le mayennais est un « français local » (selon André Martinet). Il reste encore compris mais n’est plus que très rarement parlé au XXI e siècle. Certaines études se consacrent à ce patois. Phonétique [ modifier | modifier le code ] Généralités [ modifier | modifier le code ]

• Le son /o/ (souvent écrit « o », « au » ou « ô » en français) est prononcé fortement et devient /aø/ écrit « aeu ». Ainsi, tôt devient taeût, ôter devient aeûter, nôtre et vôtre deviennent naeûtre et vaeûtre (mais notre et votre adjectifs se disent noûtre et voûtre), pauvre devient paeuvre, pot devient paeut etc.

• Le son français « oi » est souvent remplacé par « ai » (position accentuée) ou « é » (position non accentuée), car, comme les autres variétés d’oïl de l’ouest, le mayennais a conservé l’ancien son « ei » de l’ancien français avant qu’il évolue en « oi » dans les dialectes de l’est au XIIIe siècle (à partir de la Bourgogne et de la Champagne surtout). Par exemple, le latin stella (« étoile ») avait donné esteile en ancien français qui devint estoile, puis étoile en français moderne (prononcé èstèle ou èstèïle jusqu’au XIe siècle, èsteuïle au XIIe siècle, èstoïle au XIIIe, puis èstoèle ou étoèle au XVe siècle, étouèle jusqu’au XVIIIe siècle où « ouè » s’ouvrit en « ouâ », donnant la prononciation de « oi » actuelle en français moderne : étouâle), mais le mayennais dit toujours étaile (prononcé étèle ou étæïle) . Cependant, un grand nombre de verbes du troisième groupe qui se terminent en français en – oir peuvent finir en mayennais en – ouèr, par influence des parlers de l’ orléanais voisins. Ainsi, boire se dit baire, quelquefois se dit quieauquefais, voisin se dit vésin, voiture devient véteüre (ou véture, ou véteure), mais savoir devient sçavouèr (ou sçavair), vouloir est voulouèr ou voulair ( pouvoir en revanche se dit partout pouair) etc.

• Les consonnes finales, comme en français, ne sont pas prononcées, mais en mayennais ce phénomène est encore plus étendu. Ainsi on écrit il mange comme en français mais on prononce i manj, parce que l’ l final de « il » n’est pas prononcé. Par exemple, les verbes du deuxième groupe sont en -ir comme en français, mais on prononce -i parce que l’ r final est muet ( finir se dit fini mais s’écrit comme en français).

• De même, les mots finissant en français par -eur finissent régulièrement en mayennais par -oux (prononcé -ou), l’ r final ne se prononçant plus. Bêcheur se ainsi dit bèchou qu’on écrit baîchoux (plus rarement baîchou, baichour, baîchous etc.). L’orthographe – oux permet de raccorder ces substantifs qui en français sont en – eur à leur féminin qui est en – ouse (français – euse dans la plupart des cas), ainsi qu’aux adjectifs en – oux (qui correspondent aux adjectifs français en – eux) dont le féminin est également en – ouse (et en français également en – euse). Ainsi, achaloux veut dire « ennuyeur » quand il est utilisé comme nom et « ennuyeux » quand il est utilisé comme adjectif ( achaler signifie « ennuyer »).

• eu du français évolue parfois en u /y/ ( Ugène correspond à Eugène), mais dans de nombreux cas on trouve ou à la place, car là encore le mayennais a conservé l’ancienne prononciation « ou » de l’ancien français avant qu’elle n’évolue en eu au XIVe siècle dans les parlers de la Loire, du bassin parisien et de la Picardie. Là encore, ce phénomène n’a pas touché les parlers de l’ouest (mayennais, angevin, gallo, normand). Ainsi, on dit mangeoux et chantoux (fém. mangeouse et chantouse) pour mangeur et chanteur (fem. mangeuse et chanteuse), houre pour heure, goule pour gueule, fiour pour fleur, coue pour queue (d’où le français couette, « petite queue »), noud pour nœud etc.

• La 3 e personne du pluriel de l’indicatif présent se termine en -ant et en -aint à l’imparfait ( il mangeant, il mangeaint), ce phénomène touche aussi le passé simple et le conditionnel : il diant ou il disant (présent) , il dirant (passé simple) pour ils disent et ils dirent ; il disaint et il diraint pour ils disaient et ils diraient ; ou encore il sortant de là à matin pour ils sortent d’ici ce matin

De même que les produits du suffixe latin -ore(m) et -osu(s) n’ont pas évolué respectivement en -eur ( pêcheur, menteur, prieur, etc.) et -eux ( généreux, pierreux, etc.), mais en -oux ( pêchoux, mentoux, prioux, etc.) et -oux ( généroux, p(i)erroux, etc.), d’où le suffixe adjectival anglais -ous qui est issu du normand occidental. Lexique comparatif [ modifier | modifier le code ]

Le mayennais est très proche du français et lire un texte en mayennais n’est pas compliqué pour un francophone. Cependant, le mayennais, comme les parlers d’oïl de l’ouest en général, sont assez archaïques dans leurs vocabulaires, c’est-à-dire qu’ils ont conservé certains mots ou certaines formes que le français moderne ne connaît plus ou peu mais qui étaient courants en ancien ou moyen français. Sur un plan phonétique, les parlers d’oïl de l’ouest, mayennais y compris, comportent aussi quelques évolutions différentes du français, parfois plus proches de l’ancien français. Si, en lisant un texte en mayennais, beaucoup de mots seront identiques au français, d’autres seront différents voire inconnus. Petit aperçu : Mayennais

• La mort du cochon : « L’matin conv’nu, i sont là tertous. L’saigneu’ a apporte’ ses scies, ses coutiaux, tout son fourbi. On cass’ eun’ croût’ et on bê un permie’ p’tit jus bin arrouse’, les bon’hommes i s’dirigeant vers la subite où l’gorin roupille comme un sonneu’! S’ment pas trop réveille’, l’quiéquié grognassant é tire’, pousse’, culbute’ su’ eun’ bonn’ fourchée d’paille fraîche. Ah ! c’é pas long ! L’bouche’ d’occasion a enfonce’ son coutiau. L’pourciau oince tant qu’i peut, il a beau sacte’ des pattes, les gars i t’nant bon. La ménagère r’ce’ l’sang qui pisse dans la cuvette ; lè, é pens’au boudin. À c’t’heure, l’gorin, i crie pus. I bouge côr’eun p’tit què d’eu’ patte. Ca c’é bin expédie’et proprement. Pendant qu’i finit d’passe’, on va à la minson prend’eun’ p’tit douce avec eun’ bonn’ pichtée d’rude ; ça r’mont’ le moral. »

• Parlers et traditions du Bas-Maine et du Haut-Anjou. Le Patois Mayennais. Cercle Jules Ferry. 1981, 8 e édition en 2004. Nombreux dessins en noir de Pierre Bouvet. Vocabulaire classé selon plusieurs sections thématiques : La Ferme (bâtiments, ameublement, animaux, etc.). Les Travaux (labours, semailles, lessive, mort du cochon, etc.). Qualités et défauts (sobriété, économie, bavardage, orgueil, etc). La Vie au village (église, mairie, école, artisans). Les Traditions (fêtes religieuses, foires, jeux et chansons). Récits en patois. Avec une étude sur la formation du département de la Mayenne, des remarques grammaticales et des notions de prononciation.