Oxyde d’éthylène — wikipédia h gas l gas unterschied

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En 1931, Théodore Lefort découvrit une autre méthode de synthèse, directement à partir d’ éthylène et de dioxygène réagissant grâce à un catalyseur à base d’ argent. Depuis les années 1940, c’est cette méthode qui sert à produire quasiment tout l’oxyde d’éthylène industriel. Scandale sanitaire [ modifier | modifier le code ]

Le caractère génotoxique de ce produit avait été détecté dès 1968 par une étude suédoise conduite par les professeurs Hogstedt et Ehrenberg et officiellement reconnu plus de 20 ans après, en 1994 bien qu’en France, dans le "Journal Officiel" du 10 janvier 1980, le ministre de la Santé Jacques Barrot recommandait déjà de réserver l’usage de l’oxyde d’éthylène à des cas extrêmes, « si aucun autre moyen de stérilisation approprié n’existe ».

Sa large utilisation s’est néanmoins poursuivie, en particulier pour la stérilisation de biberons, de tétines et de téterelles chez les industriels fournissant les hôpitaux et maternités, alors qu’il était déjà théoriquement interdit pour les produits en contact avec des aliments. De plus,en France, un arrêté de 1992 [14 ] était consacré aux tétines en caoutchouc ou silicone de manière à préciser le décret n° 92-631 du 8 juillet 1992 relatif aux matériaux et objets destinés à entrer au contact des denrées, produits et boissons destinés à l’alimentation de l’homme ou des animaux. Deux ans plus tard, un autre arrêté de 1994 [15 ] imposait aux "matériaux au contact des denrées alimentaires" (MCDA) qu’ils n’altèrent pas « les qualités organoleptiques des denrées, produits et boissons alimentaires placés à leur contact » et que le « traitement désinfectant » fasse partie d’une liste de produits "autorisés" (dont l’oxyde d’éthylène ne faisait pas partie).

Un grand nombre de tétines étaient concernées par ce problème : pour l’année 2010 à titre d’exemple, Philippe Jacquin, directeur du développement du groupe français Cair, qui stérilisait alors ces produits à l’oxyde d’éthylène, a dit avoir vendu en France 4 millions de tétines et 300.000 téterelles [16 ]. La centrale d’achats de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) avait cette même année estimé qu’elle aurait besoin de 2.163.800 tétines et biberons stériles à usage unique, 45.500 téterelles (embouts en plastique facilitant l’allaitement) et 11.600 tétines et sucettes pour prématurés à destination notamment des grandes maternités de Robert-Debré, Necker-Enfants malades et de la Pitié-Salpêtrière. Ces tétines ont été fournies (via une réponse à un appel d’offre) par deux sociétés Beldico (belge) et le groupe Cair (français) qui tous deux les stérilisaient à l’oxyde d’éthylène.

C’est une française, Suzanne de Bégon, en procès avec son employeur à la suite de la revente de son brevet pour biberons n’ayant pas besoin d’être sterilisé qui a été la lanceuse d’alerte [17 ] qui a dénoncé dès 2010 la présence résiduelle de ce produit (0,098 à 4,9 ppm selon elle, d’après des analyses faites lors des années 2000 à 2009) dans les tétines utilisées cinq à huit fois par jour par la plupart des mamans. Son message a ensuite été repris par le toxicochimiste André Picot [18 ]. Il a fallu environ 10 ans pour que le Ministère de la Santé et la DGCCRF précisent clairement que cet usage est interdit. Production [ modifier | modifier le code ]

Le rendement atteint généralement 70-80 %, les pertes étant dues à la combustion de l’éthylène produisant du dioxyde de carbone. Plusieurs méthodes pour produire de l’oxyde d’éthylène plus sélectivement ont été proposées, mais aucune n’a encore atteint un stade industriel. Utilisation [ modifier | modifier le code ]

L’oxyde d’éthylène fut aussi largement utilisé dans la désinfection des documents de bibliothèques et d’archives, en raison de ses propriétés fongicides. Cette méthode fut rapidement règlementée en raison de la toxicité du produit [19 ]. Stérilisation [ modifier | modifier le code ]

L’oxyde d’éthylène gazeux est utilisé comme biocide ( bactéricide tuant les bactéries et leurs endospores, contrairement à de nombreux autres produits), comme fongicide (tuant les moisissures et les champignons). Il est utilisé pour stériliser des substances que des techniques reposant sur la chaleur, comme la pasteurisation, pourraient endommager.

En France, une campagne d’inspections (2002 à 2004) de l’ Afssaps a évalué des sous-traitants de stérilisation (10 prestataires) de dispositifs médicaux à l’oxyde d’éthylène. Ils étaient prestataires pour le compte de fabricants (responsables de la mise sur le marché de ces produits) ou d’ établissements de santé (3 prestataires) [20 ]. L’évaluation a aussi porté sur des fabricants réalisant cette opération pour leur propre compte (8 sociétés). L’évaluation a été faite au regard de la norme harmonisée NF EN 550 « Stérilisation de dispositifs médicaux / validation et contrôle de routine pour la stérilisation à l’oxyde d’éthylène » qui doit garantir que les dispositifs médicaux concernés sont bien conformes aux exigences du Code de la santé publique) [20 ]. À la suite de cette campagne qui a conduit l’agence à formuler « Onze demandes de mise en conformité Charges de stérilisation hétérogènes dont 2 décisions de police sanitaire (dont 1 avec suites pénales) » [20 ], l’Afssaps a cherché à donner aux métiers de la santé des « précisions sur l’évolution de la réglementation » et a dès 2004 rappelé « les exigences réglementaires et normatives du procédé de stérilisation à l’oxyde d’éthylène aux prestataires de stérilisation, aux organismes professionnels concernés et aux organismes notifiés ». Dans l’industrie de la chimie [ modifier | modifier le code ]

La majeure partie de l’oxyde d’éthylène industriel est utilisée comme intermédiaire dans la fabrication d’autres produits chimiques, comme l’ éthylène glycol employé en tant que réfrigérant et antigel dans les automobiles, ou pour produire des polyéthers.

Un des types de dérivés de l’oxyde d’éthylène qui a le plus intéressé les chimistes sont les éthers en couronne, qui sont des oligomères cycliques de l’oxyde d’éthylène, possédant la propriété de former des composés ioniques dans des solvants non polaires. Cependant, leur prix prohibitif les a confinés au laboratoire. Toxicité [ modifier | modifier le code ]

L’oxyde d’éthylène sous forme gazeuse est toxique, et des surexpositions peuvent causer des maux de tête, s’intensifiant au fur et à mesure de l’exposition, pouvant même mener à des convulsions voire au coma. C’est aussi un produit irritant pour la peau et les poumons, et son inhalation peut conduire à une inondation de ces derniers plusieurs heures après. L’exposition répétée augmente également le risque de cataracte.

Chez l’homme, des études épidémiologiques ont montré des excès de cancers lymphocytaires et de l’estomac chez des populations exposées à l’oxyde d’éthylène. Par ailleurs, toujours chez l’homme, des anomalies génétiques portant sur la fréquence des échanges de chromatides sœurs et sur des aberrations chromosomiques ont été observées [21 ].

L’oxyde d’éthylène est classé cancérogène catégorie 1B, mutagène catégorie M1B selon la classification CLP [22 ] de l’Union européenne et cancérogène catégorie 1 par le Centre International de Recherche sur le Cancer [23 ]. Notes et références [ modifier | modifier le code ]