Palais idéal — wikipédia electricity and circuits class 6 pdf

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Il est depuis le 2 septembre 1969 classé au titre des monuments historiques [1 ]. André Malraux a appuyé la procédure de classement avant son départ du gouvernement, contre l’avis défavorable de la plupart des fonctionnaires du Ministère de la Culture qui écrivent dans un rapport daté de 1964 : « Le tout est absolument hideux. Affligeant ramassis d’insanités qui se brouillaient dans une cervelle de rustre ». Malraux déclare pour sa part qu’il considère le Palais idéal comme « le seul représentant en architecture de l’art naïf (…) Il serait enfantin de ne pas classer quand c’est nous, Français, qui avons la chance de posséder la seule architecture naïve du monde et attendre qu’elle se détruise… » [2 ].

Alors que le Palais est mis en gérance par les deux petites filles du facteur Cheval à sa mort, la première décide en 1984 de léguer sa part du Palais à la commune de Hauterives. Dix ans plus tard, sa seconde petite fille vend sa part à la commune qui est ainsi propriétaire du palais depuis 1994.

Selon ses souvenirs, en avril 1879, durant l’une de ses tournées, le pied du facteur bute contre une pierre, manquant de le faire tomber sur le chemin. Son œil ayant été attiré par la forme curieuse de la pierre. Elle sera nommée « la pierre d’achoppement ».

Dès le lendemain, repassant au même lieu, il constate la présence d’autres pierres ayant des formes encore plus singulières et, à son goût, plus belles que celle qu’il avait trouvée la veille. Il se fait alors la réflexion que, puisque la nature pouvait « faire de la sculpture », il pourrait très bien lui-même, fort de ses longues rêveries préparatoires, se faire architecte, maître-d’œuvre et ouvrier dans la construction d’un « Palais idéal ».

Durant les 33 années qui suivent, Ferdinand Cheval ne cesse de choisir des pierres durant sa tournée quotidienne, les portant d’abord dans ses poches, puis se munissant d’un panier, voire d’une brouette en certaines occasions. Revenu à son domicile, il passe de longues heures à la mise en œuvre de son rêve, travaillant de nuit à la lueur d’une lampe à pétrole. Il est alors considéré comme un excentrique par les gens du cru, qui ne disposent pas de la vision d’ensemble qu’avait l’architecte.

Ferdinand Cheval passe les vingt premières années à construire la façade Est de ce qu’il nommera globalement le Temple de la Nature (le terme de Palais Idéal n’a été donné par Cheval qu’après sa rencontre avec le barde alpin Émile Roux Parassac en 1904).

On peut suivre là toute l’évolution intuitive, partie par partie, de l’architecte naïf dans l’élaboration de son Palais. C’est une évolution qui va de l’organique, telle une végétation luxuriante qui se répand autour de grottes et d’alcôves, à l’organisation symétrique d’une façade majestueuse, qui n’est pas sans rappeler la manière dont Augustin Lesage aborda sa première toile.

Ferdinand Cheval commença tout d’abord par creuser un bassin et à former autour une cascade : la Source de Vie ( 1879- 1881). Poursuivant vers le nord, prenant de la hauteur, il construisit une seconde cascade, la Source de la Sagesse ( 1881- 1884). Puis vient ce grand temple à la façade symétrique et aux colonnes boursouflées, le Monument égyptien ( 1884- 1891), temple avec quatre colonnes décorées de boules de grès et qui deviendra le Temple de la Nature. À partir de 1891, comme voulant établir une symétrie de taille avec la partie Nord, Cheval s’attaque au Sud, avec l’édification du Temple Hindou ( 1891- 1895), à la faune et à la flore exotiques, et qui finira gardé par les trois impressionnants Géants ( 1895- 1899) (représentant César, Vercingétorix et Archimède).

« La grotte où il y a trois géants c’est un peu de l’égyptien, en dessous on voit deux momies que j’ai façonnées et sculptées. Ces trois géants supportent la Tour de Barbarie où dans un [sic] oasis croissent les figuiers, les cactus, des palmiers, des aloès, des oliviers gardés par la loutre et le guépard. À la source de la vie j’ai puisé mon génie »